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Rapport général et scientifique du premier Colloque triennal sur les Politiques Culturelles CEMAC et CEEAC organisé par l’Observatoire des Politiques Culturelles d’Afrique Centrale

L’an deux mille seize, du 1er au 03 Novembre, à Grâces Hôtel sis au quartier NGOUSSO de YAOUNDÉ, s’est tenu le Colloque sur les Politiques Culturelles CEMAC et CEEAC organisé par l’Observatoire des Politiques Culturelles d’Afrique Centrale. Ce grand rendez-vous de Science et de Culture a rassemblé des Experts de disciplines diverses et variées, qui ont échangé avec franchise et consistance sur les questions relatives aux Arts et au Statut de l’Artiste, au Tourisme culturel, à l’Économie de la Culture, à la Science politique et la Géopolitique de la coordination sous-régionale des politiques nationales au sein de la Stratégie CEEAC adoptée à Yaoundé, mais aussi à la diplomatie culturelle en tant que diplomatie parallèle et d’influence.

En guise de communication inaugurale, Longin Colbert ELOUNDOU pose que l’Accord de partenariat entre l’UNESCO et la CEEAC pourrait être optimisé pour tenir davantage compte de la promotion de l’Art comme des industries créatives, par-delà les soucis de représentation réciproque qui en sont l’élément essentiel. À la question de savoir s’il est utile d’avoir une diplomatie parallèle relative à la Culture, il répond par l’affirmative en indiquant les résultats obtenus auprès de l’Union Africaine par le Professeur LUPWISHI MBUYAMBA en qualité de Directeur Exécutif de l’Observatoire des Politiques Culturelles en Afrique et, en outre, le statut de plénipotentiaire associé à l’État burkinabè de Cheik Oumar SISSOKO, Secrétaire Général de la Fédération Panafricaine des Cinéastes.

La deuxième communication, celle de Vendelin ABOUNA, opère une présentation de quelques bâtisses ecclésiastiques que l’on pourrait considérer comme de hauts lieux de mémoire, voire de tourisme, et qui méritent de ce fait une attention plus poussée. Invité à relier sa démarche à l’inventaire général du patrimoine camerounais conduit par le MINAC en partenariat avec l’UNESCO, l’exposant admet l’éventualité de muer son étude en projet, au vu des sites architecturaux présentés comme des destinations à promouvoir dans le cadre de circuits de touristiques.

Quant au troisième communicant, l’architecte chevronné HAMAN MOHAMAN, son propos a les allures et la démarche d’un plaidoyer qui porte sur la prise en compte du passé de l’Afrique pour nourrir son présent, notamment en matière d’architectures dites vernaculaires ou traditionnelles et qui peuvent inspirer voire féconder la pratique d’une architecture moderne liée aux motifs et aux matériaux anciens. Dans le même sillage, un film documentaire inspiré par Monsieur MOHAMAN à l’ex Agence de Coopération Culturelle et Technique est diffusé et suscite un intérêt exceptionnel parmi les Communicants. Le film retrace la distribution géoculturelle des architectures traditionnelles du Cameroun.

Le quatrième communicant, Monsieur Serge Mathieu OWONA, aborde la question du rapport entre l’État, le droit à la culture et la démocratisation sous le prisme de la gestion experte (les Managers désignés) et courante (les auteurs ou interprètes eux-mêmes à titre individuel) du droit d’auteur et des droits voisins. Ainsi, entre posture de spécialiste et démarche pratique, il démontre l’automatisme de la protection du droit d’un auteur ou d’un créateur sur son œuvre ainsi que les outils personnels et corporatistes de la valorisation de celui-ci comme de ceux voisins. Le jeu de questions et réponses lui permet alors de poser que la création d’une société de gestion des droits voisins semble opportune et pertinente mais que les artistes eux-mêmes doivent apprendre à valoriser leurs droits.

Monsieur MAHAMAT ABBA OUSMAN explore, dans sa première communication, la question de la décentralisation culturelle à partir d’une étude de cas : la Commune de Guider dans le Nord du Cameroun. On apprend ainsi qu’en termes de stratégie communale de la Culture et du Tourisme, Guider, Dschang et Ebolowa, entre autres collectivités à avoir eu l’idée d’un office du tourisme ou d’un musée, ont une longueur d’avance sur les autres. Le jeu de questions et réponses a permis à l’exposant d’affiner sa perspective notamment en matière de Marketing territorial et d’éventualité de la naissance de communes culturelles comme il y en a de forestières.

Pour clôturer cette première journée de travail, Jacques Merlin BELL YEMBEL, par ailleurs Modérateur des débats, offre un vaste panorama de l’engagement des États de la zone CEEAC à promouvoir la Culture et les politiques culturelles au travers d’une stratégie sous-régionale. De son point de vue, cette stratégie risque de ne pas connaître une mise en œuvre efficiente si certaines conditions de contrainte mutuelle ne sont pas réunies. Il lui est alors conseillé d’intégrer à son étude la relation de cause à effet qui existe entre actes constitutifs de la CEEAC comme de la CEMAC et l’organigramme de chacune des instances en vue de mieux vérifier le modèle de suivi-évaluation retenu notamment par la CEEAC.

Le deuxième jour, et dans sa deuxième communication, Jacques Merlin BELL YEMBEL explore les voies et moyens pouvant permettre à la CEEAC et à la CEMAC de mettre en œuvre la stratégie culturelle sous-régionale sans délaisser les richesses culturelles et/ou rentrer en conflit avec les priorités de la politique culturelle de certains pays d’Afrique centrale. Malgré la pertinence de son intervention, il lui est suggéré de nuancer son propos un peu excessif sur certains points et d’éviter de prendre pour parole d’évangile les recommandations formulées par certaines organisations, qui peuvent quelques fois, ne pas correspondre aux besoins et/ou aux réalités du Cameroun ou des pays de la sous-région.

Deuxième communicant du jour, Monsieur Éric Rodrigue Fabrice LOEMBET (ancien Député congolais et Consultant en Management installé en France) s’intéresse à la problématique des financements des festivals musicaux dans les trois pays centre-africains que sont le Cameroun, le Gabon et le Congo-Brazzaville. Il démontre que les festivals créent des métiers mais leur management est chaotique et opaque, d’où un manque de traçabilité stratégique. Bien que porteuse d’espoir pour les opérateurs culturels de la sous-région, cette réflexion gagnerait, comme l’ont souligné maints intervenants, à indiquer la manière dont les pays et les institutions sous-régionales pourraient traduire en actes certaines des propositions faites par LOEMBET, notamment la vérification de la réelle création de conditions de développement local par la Culture.

Dans la troisième communication, messieurs Hanse Gilbert MBENG DANG et Martin Raymond Willy MBOG IBOCK se livrent, ensemble, à une évaluation de l’action publique en matière de développement du tourisme culturel au Cameroun. Malgré sa pertinence et le débat constructif qu’elle a suscité autour des notions d’efficacité, d’efficience, de pertinence ou encore de performance, cette présentation a révélé une faiblesse liée, d’un côté, à la non indication du point de départ, mieux, de la base de comparaison sur laquelle les auteurs s’appuient pour effectuer leur évaluation ; et de l’autre, l’absence de perspective historique dans le travail. Les auteurs ont été invités à revoir ces aspects de leur réflexion.

À la suite de ce duo, monsieur MAHAMAT ABBA OUSMAN, poursuivant les travaux, édifie les participants sur les potentialités, les limites et les perspectives du tourisme culturel dans la région de l’Extrême-nord. Dans le cadre des échanges avec l’assistance, de nombreuses propositions visant l’amélioration de la communication, et par ricochet le développement du tourisme culturel, lui sont faites. Entre autres, il lui est recommandé de recourir à l’outil informatique pour promouvoir les sites touristiques de l’Extrême-nord et de prendre en compte le patrimoine naturel, insuffisamment promu jusque-là.

Cinquième et dernier communicant du jour, Longin Colbert ELOUNDOU envisage dans sa deuxième sortie, les perspectives du Colloque. Somme de son expérience à la tête de l’Observatoire des Politiques Culturelles d’Afrique Centrale depuis 2014 et de l’observation du fonctionnement de plusieurs autres Organisations de la Société Civile depuis plusieurs années (CCDC, OCC et Arterial Network Cameroun entre autres), cette communication met en lumière le manque de facilités pouvant permettre à la quasi-totalité des Organisations de la Société Civile du secteur culturel opérant au Cameroun de mener à bien leurs missions et actions, en raison des préjugés étatiques dont ils sont encore l’objet.

Le Colloque a également connu la participation de six (06) Experts dont les textes sont parvenus au Comité éditorial et scientifique, mais qui n’ont pas pu effectuer le déplacement de YAOUNDÉ. Ils sont respectivement : Monsieur KOMLA DOGBÉ BOYE (Togo ; son étude a été fortement appréciée par les autres Communicants, mais aussi par le Comité éditorial, pour sa pertinence et sa densité) ; Monsieur TATCHIM Nicanor (France / Cameroun, auteur d’un article original à plus d’un titre) ; Monsieur TCHETCHOU PANEKO Érasme Mérici (République centrafricaine) ; les sieurs NISSIMAÏSOU Magloire et ZEH Cyrille (Cameroun).

Au vu de la densité, de la richesse et de l’orientation des débats comme des contributions personnelles des uns et des autres, l’Essai final sera très certainement d’une belle facture et est intitulé Les politiques culturelles d’Afrique Centrale à l’aune de la nouvelle stratégie CEEAC. Les participants au Colloque sont convenus qu’il serait idoine de le dédier aux Gouvernants de la sous-région.

Signé à Yaoundé le 03 Novembre 2016

Le Directeur

 

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